Angles-sur-l’Anglin, hôtel Balue
Jean de Balue († 1491), cardinal d’Angers et proche du roi Louis XI – avant de tomber en disgrâce et de rester longtemps en prison (Forgeot 1895) – naquit en 1421 à Angles-sur-l’Anglin, dans une maison non lointaine de l’abbaye Sainte-Croix. La tradition identifie cette demeure avec l’édifice qui se trouve au numéro 2 de la rue du pont. Caractérisé par un large portail en arc surbaissé, orné d’un écu en relief dans la clef d’arc et surmonté par une ouverture ovale, le bâtiment présente toutefois des caractéristiques plus typiques du XVIIe que du XVe siècle.
En revanche, nous savons qu’une maison plus ancienne appartenant à la famille du cardinal déjà à la fin du Moyen Âge se trouvait en face de celle-ci. L’édifice, aujourd’hui détruit, était doté d’une salle équipée d’une cheminée monumentale aux armes des Balue (Beauchet-Filleau 1895, II, p. 250) qui fut préservée lors de la destruction de la maison et donnée à la Société des Antiquaires de l’Ouest par la baronne du Puynode en 1924 (Gaillard 1925a, p. 67, n. 4942).
D’abord conservée au Musée des Augustins de Poitiers, où elle avait était remontée dans la collection lapidaire du jardin grâce à une subvention de la Banque de France (Gaillard 1925a, p. 67, n. 4942; Id. 1925b, p. 4), la cheminée a été successivement intégrée dans les collections du Musée Sainte-Croix et insérée dans le parcours de visite. De style Renaissance, l’imposante cheminée présente un linteau sculpté avec, aux deux extrémités, des rinceaux qui abritent des personnages : un homme habillé d’une longue veste et d’un bonnet, sur la gauche, et un génie ailé, sur la droite. Au milieu se trouve l’armoirie des Balue (L’illustration 1938, p. 478) (armoirie 1), soutenue par deux hommes sauvages.



