Fosses, église Saint-Etienne
Caractérisée par une architecture sobre, de transition entre le style roman et le gothique, l’église Saint-Etienne de Fosses a été édifiée à partir des années 1170-1200. De cette phase datent le chœur et le croisillon nord avec son absidiole, la nef et les deux bas-côtés, tous formés de quatre travées. Une deuxième campagne de construction eut lieu vers 1230-1240 et concerna l’érection du croisillon sud avec l’abside est, consacrée à la Vierge. L’édifice, qui ne semble pas avoir subi de transformations majeures après celles réalisées entre le XVe siècle et début du XVIe et concernant la nef et les bas-côtés, a été classé monument historique en 1913 (base POP) et restauré par la suite pour rétablir son aspect médiéval.

Fosses, église Saint-Étienne, bas-côté nord, vue vers l’ouest (wikipedia).
Les trois premières travées du bas-côtés nord, que les historiens s’accordent à attribuer à une phase de reconstruction de l’édifice datant du XVe siècle (Aubert 1935, p. 321-322 ; Huet 2008, p. 133-134), présentent des clefs de voûte ornées d’écussons, aujourd’hui bûches (armoires 1, 2a, 3). Si le profil des voûtes semble compatible avec la chronologie proposée, nous remarquerons tout de même que les consoles qui, en deux cas, raccordent les écus aux voûtains (armoiries 1, 2a), présentent des affinités évidentes avec le vocabulaire ornemental propre à la Renaissance. Nous ne pouvons donc pas exclure qu’ils aient été ajoutés dans un deuxième moment, à partir du deuxième quart du XVe siècle. L’écu ornant la troisième travée, orienté avec le chef en direction de l’abside, est en revanche sculpté directement dans le bloc constituant la clef de voûte : il pourrait donc bien dater du XVe siècle (armoirie 3).
A défaut de documents d’archives, il est aujourd’hui difficile, voire impossible, d’identifier les armories qui étaient représentées sur ces clefs de voûte. Nous nous remarquerons tout de même que l’écusson sculpté à la troisième travée (armoirie 2a), qui a été méticuleusement bûché, portait une armoirie à trois fleurs de lys (le profil de celle figurée en haut à dextre est encore bien lisible), dans laquelle nous pensons pouvoir reconnaître les armes de France.

Armoire à reliques timbré d’un écusson armorié. Fosse, église Saint-Etienne, croisillon sud (wikipedia).
Par ailleurs, nous savons que celles-ci étaient encore représentées au XVIIe siècle sur l’écusson, de nos jours dépourvu de toute trace d’armoiries, timbrant le tympan de l’armoire à reliques, datant du XVe siècle (de la fin du siècle d’après Guilhermy 1875, p. 649 ; Aubert 1935, p. 321), situé dans le croisillon sud du transept (Le patrimoine 1999, t. 1, p. 461 ; Cronokrak et al. 1998, p. 18) (armoirie 2b). L’archidiacre Ameline, qui en 1673 fait une recognition des reliques qui y étaient contenues, affirme en effet que « au-dessus du reliquaire se trouve un écusson en forme de besace aux armes du Royaume de France » (Paris, AN-CARAN LL 28 ; wikipedia.org). Comme le religieux l’observait, nous remarquerons que l’écu est suspendu par sa guiche selon une convention propre à l’héraldique monumentale médiévale, s’inspirant de l’usage d’accrocher, dans certaines occasions, des vrais boucliers armoriés aux murs.






