Paris, église Saint-Christophe
L’église paroissiale Saint-Christophe s’élevait sur le parvis actuel de la cathédrale Notre-Dame, à quelques dizaines de mètres seulement de la façade. Documentée depuis la fin du VIIe siècle, quand elle servait de chapelle à un monastère féminin, elle avait été par la suite intégrée à un hôpital puis détruit à l’époque de la construction de la cathédrale actuelle (Raunié 1901, p. 107-109). Isolée et érigée en paroisse au bas Moyen Âge, l’église fut intégralement rénovée dans les années 1490-1510 (Bos 2003, p. 85 ; le chantier débuta en 1494 selon Sauval 1724, p. 382). À cette occasion le chevet, à l’origine semi-circulaire, fut agrandi et reconstruit de forme carrée, en saillie sur la place du parvis de la cathédrale (Raunié 1901, p. 111). L’église était d’un vaisseau unique avec la nef séparée du chœur par une clôture (à l’origine en bois) contre laquelle se trouvaient les chapelles de la Vierge et de la Trinité (ibid., p. 112). Nécessitant d’importants travaux de restauration que la paroisse ne pouvait pas assurer en raison de ses faibles disponibilités économique, l’édifice fut totalement détruit vers 1751 (Raunié 1901, p. 114). Sa démolition permit de dégager le parvis de Notre-Dame et d’agrandir les bâtiments de l’Hospice des Enfants trouvés, dont la nouvelle chapelle s’éleva sur une partie de l’emplacement de l’ancienne église (ibid.).

L’ile de la Cité (cathédrale Notre-Dame et église Saint-Christophe), dans Lenoir, Berty 1880, pl. X.
Les travaux réalisés entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe avaient été en partie financés grâce à la contribution de Jean le Maître (Le Maistre) († 1510), avocat général du Parlement de Paris, qui, en signe de reconnaissance pour ses mérites, avait obtenu de faire représenter ses armes sur les voûtes de l’église (il s’agissait vraisemblablement d’écussons sculptés sur les clefs des voûtes) (Raunié 1901, p. 112) (armoiries 1a-?) : « quant au tems que lad. Eglise a été rebâtie, ce que le P. Dubreuil en dit se rapporte aux comptes de la fabrique et les armes de Me Le Maître, avocat général du Parlement, qui sont aux voûtes de lad. Eglise, donnent lieu de croire qu’il y a contribué » (Paris, AN, S* 3317, f. 2r-v, cité par Bos 2003, p. 85). À sa mort, Jean le Maître fut enterré dans la même église. La plate-tombe couvrant son tombeau, disparue au moment de la destruction de l’église en 1751, se trouvait devant le maître autel (Raunié 1901, p. 115).


