Availles-Limouzine, église Saint-Martin
Bâtie sur un relief situé aux marges de l’habitat ancien d’Availles-Limouzine et autrefois dépendant de l’archiprêtré de Lussac, l’église Saint-Martin apparaît dans les documents d’archives vers 1090. Il est probable que la construction de l’édifice actuellement visible date de cette même époque. La nef de l’église, peut-être à l’origine organisée en trois vaisseaux (Brouillet 1865, p. 18), semblerait en effet dater de la fin du XIe-début du XIIe siècle. Comme dans de nombreux autres édifices religieux de la région, au XVe siècle l’église d’Availles-Limouzine fut agrandie et, notamment, le chevet fut totalement reconstruit. À chevet plat, le chœur est éclairé par trois baies – une axiale plus grande et deux latérales plus petites – et couvert par deux voûtes d’ogive.
La présence réitérée de l’armoirie des Archiac, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’église, indique que telle reconstruction fut commanditée, ou même seulement financée, par un membre de ce lignage originaire de Saintonge, dont une branche fut possessionnée de la seigneurie d’Availles dès le XIVe siècle (Beauchet-Filleau 1891, p. 94). L’armoirie Archiac est avant tout reproduite dans un écu en bannière posé à la clef de l’ogive de la fenêtre du chevet, à l’extérieur de l’édifice (armoirie 1a) : placée sur le côté de l’église donnant en direction du bourg, elle est couronnée par un cadre en forme de gable, peut-être pensé dès l’origine pour contenir une inscription. Des lettres accompagnées par des chiffres arabes sont en effet encore visibles à son intérieur. La lecture et l’interprétation de cette inscription demeurent cependant difficiles (« SHAMBELIN / [.]47[.] »), et sa datation incertaine : les caractères ont été en effet gravés sans soin et nous ne pouvons pas exclure qu’ils aient été tracés dans une phase plus récente de restauration de l’édifice.

Écu en bannière aux armes Archiac. Availles-Limouzine, église Saint-Martin, voûte de la croisée du transept.
La même armoirie, insérée dans un écu traditionnel, est figurée à l’intérieur du chevet, encastrée à un emplacement tout à fait spéculaire de celui occupé par l’écu visible à l’extérieur du chevet (armoirie 1b). Cette partie de l’église est littérairement envahie par les armes de la famille, marquant ainsi l’espace le plus sacré de l’édifice d’une manière qui ne laissait pas de doutes sur les droits que les Archiac pouvaient vanter en tant que seigneurs du lieu et bienfaiteurs de l’église.
Insérée de nouveau dans des écus en bannière, leur armoirie est ainsi représentée, comme d’habitude, à la clef des voûtes d’ogive construites au sein du chantier que les Archiac avaient soutenu. Nous la trouvons au sommet de la voûte de la croisée du transept et, insérée dans un cadre plus élaboré, de celle du chœur (armoiries 1c-d) (Brouillet 1865, p. 19 et pl. 9, fig. 7). Des écussons aujourd’hui vierges (12 cm de haut), mais peut-être autrefois peints aux armes d’Archiac, sont finalement sculptés sur le chapiteau du pilier sud-est du chœur, à la croisée du transept (armoiries 2-3).









