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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens

 

Construite au XVe siècle, l’église Saint-Pierre-ès-Liens (à l’origine Saint-Pierre-des-Landes) à la Chapelle-Bâton dépendait de l’abbaye de Charroux et de l’évêque de Poitiers (Beauchet-Filleau 1868, p. 232). Composée d’une nef unique formée de quatre travées couvertes de voûtes d’ogive, elle présente un chœur à chevet éclairé par une large baie gothique en ogive. À l’extérieur, des contreforts puissants contiennent la poussée des nervures des voûtes. Cette simplicité structurelle contraste avec les peintures murales et les éléments sculptés, qui jadis ornaient l’extérieur et l’intérieur de l’édifice (Brouillet 1865, p. 75-77) et dont des traces importantes encore se conservent.

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre ès liens, portail d'entrée.

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre ès liens, portail d’entrée.

Même si l’église est orienté est-ouest, l’entrée principale de l’église est placée sur le côté sud, probablement en raison de la présence d’un axe routier important, par le biais d’un portail richement sculpté et orné. En plein cintre, il présente des voussures moulurées à profil arrondi reposant sur des bases prismatiques et il est encadré par une accolade peu prononcée, dont le profil supérieur orné de feuilles culmine dans le traditionnel panache végétal. Deux colonnettes sont insérées d’un côté et d’autre de la baie, culminant dans des pinacles couverts de feuilles charnues entre les quelles sont posées des clefs en sautoir (armoiries 1a-b) : seulement celles sculptées sur le pinacle de droite sont cependant disposées dans un écu (armoirie 1b).

La mise en signe héraldique de l’architecture continuait à l’intérieur, se concentrant dans la zone du chœur où il y avait aussi l’accès à un caveau contenant les sépultures (détruites à la Révolution) des seigneurs de Rochemeau (Brouillet 1865, p. 75-76). La clef de voûte, probablement dès l’origine placée à la verticale de la table du maître autel, est ornée d’un écu en losange vergetté de douze pièces (et non burelé comme Brouillet 1865, pl. 20, fig. 9 le représente) (armoirie 3). Cet écu, dont la forme est typique de l’héraldique féminine (Pastoureau 1979), portait probablement les armes de la famille qui fit construire l’église ou qui en détenait le patronat, dont l’identité n’est pas pour le moment connue. Les nervures de la voûte retombent sur des culots sculptés dont trois portants des écus armoriés, d’environ 25 cm de haut (armoiries 1c-4).

La Chapelle-Baton, église Saint-Pierre ès liens, intérieur, chieur avec éléments héraldisés.

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre ès liens, intérieur, chœur avec éléments héraldisés.

À senestre de l’autel, donc à l’emplacement le plus honorifique, se trouvent les armes que l’on a déjà vues sur le portail d’entrée, avec les clefs en sautoir (armoirie 1c) : il pourrait s’agir de l’armoirie de l’église ou – mais cette hypothèse nous semble moins convaincante – du chapitre de la cathédrale de Poitiers dont on trouve d’autres représentations monumentales (Hablot 2013). À l’opposée, vers la nef, un écu porte l’armoirie à trois fleurs de lys du roi de France (armoirie 4) : une présence plutôt commune dans la région dans les édifices religieux construits ou reconstruits après la guerre de Cent Ans. Les deux armoiries témoignaient ainsi de la fidélité de la communauté locale au roi et au pape (Bourdu 2014, p. 80). La série est complétée par le cul de lampe placé entre les parois sud et est, chargé d’un écusson qui exhibe aujourd’hui une surface totalement lisse (armoirie 3). S’il a pu être gratté à l’époque révolutionnaire, le fait qu’il ne soit pas mentionné par Brouillet (1865, p. 77) porte à croire soit que ce dernier écu était à l’époque caché par un élément du mobilier, soit qu’il ait été sculpté au moment de la restauration de l’édifice.

Nous remarquerons enfin la présence de traces d’une litre funéraire, surement plus récente, qui était jadis chargée d’écus d’azur à une bande d’or accompagnée par deux fleurs de lys couchés de même (Brouillet 1865, p. 75). D’autres peintures votives, parmi lesquelles se signale une Sainte Anne avec la Vierge et l’Enfant, couvraient la paroi nord de la nef, dépourvue d’ouvertures, et le chevet.

 

Auteur : Matteo Ferrari

Pour citer cet article

Matteo Ferrari, La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens, https://armma.saprat.fr/monument/eglise-saint-pierre-es-liens-la-chapelle-baton/, consulté le 03/04/2025.

 

Bibliographie études

Beauchet-Filleau Henri, Pouillé de la diocèse de Poitiers, Niort-Poitiers 1868.

Brouillet Pierre-Amédée, Indicateur archéologique de l’arrondissement de Civray. Canton de Couhé-Vérac, Civray 1865.

Bourdu Daniel (dir.), Trésor et légendes en Pays Civraisien, La Crèche 2014.

Hablot Laurent, « La mise en signe héraldique de la cathédrale », dans C. Andrault-Schmitt (dir.), La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers. Enquêtes croisées, Poitiers 2013.

Pastoureau Michel, Traité d’héraldique, Paris 1979.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens. Armoirie Église ? (armoirie 1a)

De (gueules ?) à deux clefs d'(argent ?) passées en sautoir.

  • Attribution : Église (pape)
  • Position : Extérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Mur exterieur
  • Emplacement précis : Mur sud ; Portail
  • Support armorié : pinacle
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Relief en pierre
  • Période : 1451-1475 ; 1476-1500
  • Dans le monument : La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens. Armoirie Église ? (armoirie 1b)

De (gueules ?) à deux clefs d'(argent ?) passées en sautoir.

  • Attribution : Église (pape)
  • Position : Extérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Mur exterieur
  • Emplacement précis : Mur sud ; Portail
  • Support armorié : pinacle
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Relief en pierre
  • Période : 1451-1475 ; 1476-1500
  • Dans le monument : La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens. Armoirie Église ? (armoirie 1c)

De (gueules ?) à deux clefs d'(argent ?) passées en sautoir.

  • Attribution : Église (pape)
  • Position : Intérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Chœur
  • Emplacement précis : Voûte
  • Support armorié : Cul-de-lampe (culot)
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Relief en pierre
  • Période : 1476-1500
  • Dans le monument : La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens. Armoirie inconnue (armoirie 2)

Vergetté de … et de … de douze pièces.

  • Attribution : Armoirie inconnue
  • Position : Intérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Chœur
  • Emplacement précis : Voûte
  • Support armorié : Clef de voûte
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Sculpture en pierre
  • Période : 1451-1475 ; 1476-1500
  • Dans le monument : La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens. Armoirie vierge (armoirie 3)

De…

  • Attribution : Armoirie bûchée ; Armoirie restaurée ; Armoirie vierge
  • Position : Intérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Chœur
  • Emplacement précis : Voûte
  • Support armorié : Cul-de-lampe (culot)
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Relief en pierre
  • Période : 1476-1500 ; 1901-2000
  • Dans le monument : La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens

La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens. Armoirie roi de France (armoirie 4)

D'(azur) à trois fleurs de lys d'(or).

  • Attribution : Roi de France
  • Position : Intérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Chœur
  • Emplacement précis : Voûte
  • Support armorié : Cul-de-lampe (culot)
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Relief en pierre
  • Période : 1476-1500
  • Dans le monument : La Chapelle-Bâton, église Saint-Pierre-ès-Liens

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