Poitiers, monastère Saint-Hilaire-de-la-Celle
Érigé sur l’emplacement présumé de la « cella sancti Hilari », le monastère augustinien de Saint-Hilaire-de-la-Celle fut probablement fondé à la fin du XIe siècle et se développa au siècle suivant grâce aux donations (Eygun 1952, p. 75). Le premier prieur connu, Robert, gouverna le monastère de 1130 à 1146 (Archives historiques du Poitou, p. 32). La construction de l’église, dont seuls le chœur et le transept datés du troisième quart du XIIe siècle sont conservés (ibid., p. 84), dut s’achever au début du XIIIe siècle. En 1221 l’église est en effet déclarée « neuve » (ibid.). Sur le côté sud de l’édifice s’élevaient les bâtiments monastiques, organisés autour de deux cloîtres. Le corps de bâtiments longeant l’actuelle rue Sainte-Catherine, reconstruit au XIXe siècle à l’emplacement d’une aile plus ancienne (ibid., p. 95), est orné d’une armoirie à l’origine insérée dans un encadrement mouluré, aujourd’hui réduit à une sorte de larmier (armoirie 1).

Relief aux armes d’un abbé (Hilaire Valory ?). Poiters, couvent Saint-Hilaire de la Celle, batiment claustrale
La provenance de la pièce est inconnue, tout comme l’identité de l’armoirie représentée. Il s’agit surement de celle d’un des abbés du monastère, puisque l’écu était posé sur une crosse abbatiale, dont on reconnait encore la pointe inférieure. Nous savons que les bâtiments monastiques nécessitaient de réparation au début du XVIe siècle, sous l’abbatiat de Guillaume de Langeac (Eygun 1952, p. 79), et des gros travaux de rénovations furent entrepris sous un de ses successeurs, François Pastureau entre 1570 et 1585 (ibid., p. 80). Cependant, l’écartelé ici représenté ne correspond pas à l’armoirie de ces deux prélats. Il pourrait en revanche appartenir à Hilaire Valory, abbé commendataire entre 1467 et 1480 (Gallia christiana, col. 1336 ; Le clergé de France 1774, p. 493), qui descendait de la famille florentine Valori (Favreau 1988, p. 91) dont une branche s’était installée en France au XVe siècle. Ces derniers portaient en effet de sable à l’aigle d’argent (Florence, AS Ceramelli Papiani, fasc. 4791) et un aigle est bien visible dans le deuxième quartier de notre écu (et, peut-être, au troisième). Il faudra alors noter qu’une branche de la famille, installée dans les Flandres, portait un écartelé au 1 et 4 de sable, à l’aigle d’argent ; au 2 et 3, d’or, à un arbre au naturel au chef de gueules (Paris, BnF, ms. Fr. 32239, p. 539).


