Poitiers, collège du Puygarreau
Le collège universitaire Puygarreau fut fondé le 7 avril 1478 par Françoise Gillier. Elle était la femme de Jean Barbin, seigneur de Puygarreau, qui la nomma héritière de tous ses bien à sa mort en 1469, n’ayant le couple pas eu d’enfant (Ménard 1841-1843, p. 211-212). Le complexe fut racheté par la mairie de Poitiers, puis cédé définitivement aux Jésuites en 1687, qui en utilisaient déjà les locaux depuis 1608 et qui dès lors le réunirent au collège Sainte-Marthe (Delfour 1901, p. IV-VI, 59-60, 122-123). La structure s’élevait au sud de l’emplacement occupé par l’Hôtel de Ville actuel, entre la parcelle par la suite occupée par l’hôtel de Jean Beaucé et l’actuelle rue Louis Renard. Encore visible sur le cadastre de 1838 (Poitiers, AD Vienne, Cadastre anc., Poitiers, s. L, f. 2 ; Favreau 1978, p. 572), ce collège fut démoli en 1873 (Ménard 1873, p. 390).
Dans les débris des édifices fut récupéré un « cul-de-lampe du XVe siècle, représentant une tête ailée », aussitôt fait parvenir (le 17 juillet 1873) à la Société des Antiquaires de l’Ouest (ibid.). Le fragment est décrit avec plus de précision dix ans plus tard par Bélisaire Ledain dans son catalogue du Musée lapidaire de la Société des Antiquaires de l’Ouest (Ledain 1883, p. 521, num. 756). Il spécifie notamment que le cul-de-lampe représentait « un ange aux ailes déployées tenant un écusson vide ».
Sur cette base, il a été possible d’identifier la pièce avec un fragment de linteau actuellement conservé dans les réserves du Musée Sainte-Croix de Poitiers, que l’on pourrait dater du dernier quart du XVe siècle (armoirie 1). Non plus mentionnée dans les successifs registres manuscrits des musées municipaux, cette pièce surmontait probablement la porte d’accès à un des corps de bâtiments composant le collège. L’absence de toute trace d’armoirie ne permet pas de préciser davantage l’emplacement que le relief occupé à l’origine et sa fonction.



