Poitiers, sous-doyenné de la cathédrale Saint-Pierre
Constituant un vestige de l’ancien sous-doyenné de Saint-Pierre (Hernier-Manson 1968, p. 521, note 73), à quelques mètres seulement de la cathédrale, le portail flamboyant qui s’ouvre au début de l’actuelle rue Barbatte se signale pour la richesse de son ornementation, malgré son état de conservation mauvais. Des pinacles à section prismatique, très élancés, encadrent l’arcade qui retombe sur des culots sculptés en forme d’animaux : un lions à gauche et un griffons à droite (Crozet 1933, p. 30). Des gros crochets, formés par des feuilles frisées et charnues, décorent l’accolade qui termine, à son sommet, dans un choux exubérant. Une traverse joint ce dernier aux deux pinacles latéraux (Hervier-Manson 1968, p. 521-522).
Au milieu de l’accolade se trouvait un relief héraldique (armoirie 1), violemment martelé à tel point qu’il n’est presque plus lisible. Deux personnages soutenaient un écu dont il n’en reste qu’un morceau de la partie supérieure : il pourrait s’agir de deux hommes sauvages, dont celui de droite semble attaché a l’accolade par le biais d’une chaîne qui passe autour de son ventre. La trace d’un élément en relief qui dépasse la partie supérieure de l’écu laisse croire que le bouclier était posé sur un élément vertical, tel une crosse. Le bouclier aurait donc pu porter les armes de l’évêque qui avait fait construire le bâtiment. La cathédrale de Poitiers et ses annexes sont d’ailleurs émaillés de nombreux éléments héraldiques qui documentent l’activité de commanditaires des évêques poitevins entre le XVe et le XVIe siècles (Hablot 2013). Le choux fleuri est en outre surmonté par un relief héraldique, apposé à une époque bien plus récente, coupant la bordure supérieure du mur dans lequel le portail fut ouvert. Désormais illisible, il date probablement de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle.



