Saint-Martin-l’Ars, borne armoriée
La pierre armoriée fut découverte dans les années 1960, lorsque « une murette obstruant à demi la piscine liturgique du chœur » dans laquelle elle avait été remployée (Eybert 1983, p. 145) fut dégagée (Gallica). De forme parallélépipédique (47 cm x 24 cm, pour 16 cm d’épaisseur), elle est ornée, sur les faces principales, de deux écus timbrés d’une crosse abbatiale posée, selon l’habitude, en pal derrière eux. L’armoirie fascée appartient à André des Herbiers (armoirie 1), dernier abbé régulier de l’abbaye augustinienne de La Réau entre 1493 et 1519 ; l’autre identifie Geoffroy III de Cluys, abbé de Charroux entre 1504 et 1520 (Eybert 1983, p. 146-147) (armoirie 2).
Manifestement, la pierre avait servi de borne armoriée pour marquer les limites entre une propriété ou une terre relevant de la juridiction de l’abbaye de la Réau et une autre qui dépendait de l’abbaye de Charroux. On ne peut actuellement déterminer le lieu où elle avait été installée où les circonstances de ses déplacements et de ses remplois successifs. L’utilisation des armoiries des deux abbés, à la place de celles des abbayes qu’ils administraient, pourrait s’expliquer par le fait qu’au début du XVIe siècle les deux institutions religieuses ne possédaient pas encore d’insigne (Eybert 1983, p. 149). D’autre part, on peut également supposer que les deux abbés étaient intervenus personnellement pour résoudre une question relative aux limites des compétences administratives de leurs institutions et que la borne reportait leurs insignes en tant que détenteurs temporaires de l’autorité sur les deux communautés religieuses.





