Plouvien, chapelle Saint-Jean Balanant (bas-côté sud)
Le bas-côté sud de la chapelle Saint-Jean Balanant en Plouvien était aux Marc’hec sires de Guicquelleau en la paroisse d’Elestrec devenue trève du Folgoët, où ils tenaient dans la collégiale la meilleure vitre du bas-côté nord (Sotin 2014, p. 51 ; Élégoët, Provost 2019, p. 59). Dans le second quart du XVe siècle, le seigneur de Guicquelleau était Jean Marc’hec (ibid.), époux d’Aliz de Kegournadec’h, dont les armes en alliance figuraient au Folgoët (Sotin 2014, p. 51). Les Marc’hec possédaient plusieurs manoirs en Plouvien, notamment celui de Garzjehan, à environ trois kilomètres au nord-ouest de Balanant, qui était en fermage à un métayer de Guillaume Marc’hec lors de la Réformation de 1426 (Torchet 2010, p. 98). L’implantation du lignage à Plouvien semble avoir été solide, puisque deux cadets s’en transmirent la cure paroissiale en 1406 (ibid., p. 237), ce qui pourrait avoir facilité ou donné quelque poids supplémentaire à l’obtention de droits honorifiques.
Un aveu seigneurial en précise la teneur : « en la paroisse de Plouvien, dans l’église de saint Jean Balaznant commanderie, un côté, une fenestre au pignon de laditte église du côté de l’épître et l’aille tout entière dudit côté, ladite vittre armoyée des armes de ladite maison de Guiquelleau avec autre fenêtre, tombe et escabeaux etant dans ladite aile et un autre autel joignant le premier pillier de la première arcade du chœur de laditte église » (Nantes, AD de Loire Atlantique, B 1679, aveu de 1752). À l’origine, les armes des March’ec, d’azur à trois quintefeuilles d’or (armoirie 1), devaient se retrouver, pleines et en alliance, dans la baie au chevet, d’un réseau très simple à deux lancettes coiffées d’un quadrilobe étiré.
Un rapport de visite de la chapelle en août 1682 apprend que les descendants des Marc’hec ne firent pas grand cas de l’entretien de leurs prééminences, notant qu’ « il manque […] deux paneaux de vitre en la chapelle quy est du costé de l’espitre et deux autres en celluy quy donne sur la ruhe » (Poitiers, AD de la Vienne, 3 H 1/465, procès-verbal de visite de la commanderie de La Feuillée et ses dépendances, 1682, cité par : Leman 2018, p. 92). Mais en 1727, lors d’une visite « d’améliorissement » instruite à la demande du commandeur de La Feuillée, les experts relevèrent dans la verrière « des écussons que nous ne connoissons pas » (Poitiers, AD de la Vienne, 3 H 1/465, procès-verbal « d’améliorissements » de la commanderie de La Feuillée et ses dépendances, 1727, cité par : Leman 2018, p. 15), indiquant qu’une réparation avait été effectuée. En ce cas, sous réserve, les armes auraient pu être celles des Lesguern, lointains successeurs des Marc’hec pour Guicquelleau, qui portaient un fascé de vair et de gueules de six pièces.
On ignore à quelle inhumation se rapportait la tombe. Quant à l’escabeau, il ne remontait probablement pas si loin que le XVe siècle, les procès-verbaux de prééminences apprenant que la plupart datent plutôt de la fin de l’Ancien Régime. L’ « autre fenêtre » n’est pas clairement identifiable : peut-être était-ce le fenestrou au côté du second contrefort, à moins qu’il s’agissait d’une baie antérieure disparue, la paroi sud ayant manifestement subi de lourds remaniements à une époque moderne. Enfin, les armes des Marc’hec devaient encore orner au moins l’une des plaques scellées à l’extérieur en façade. Compte tenu de leur prééminence d’un rang subalterne, elle aurait occupé une des cavités les plus basses, peut-être l’une de celles au-dessus du portail, en toute hypothèse.

